Quoi au juste signifie le bilinguisme ? - En général, on parle déjà de
bilinguisme lorsqu’une personne se « débrouille bien » dans deux langues,
parfois un peu moins dans l’une que dans l’autre qui, normalement, correspond à
sa langue maternelle. Une autre définition, plus rarement employée, exige le «
bilinguisme équilibré », c’est-à-dire que le candidat dispose d’un même niveau
dans deux langues différentes.
Par un adulte qui étudie intensément une deuxième langue, qui vit même dans le
pays où elle est parlée quotidiennement, ce stade peut-il être atteint ?
Il y a des exemples d’immigrés s’étant intensément immergés dans leur nouvelle
langue, jusqu’au point d’arriver presque à la perfection. Or, ces cas présentent
quasiment tous un désavantage : la concentration sur la langue étrangère détruit
partiellement le « sentiment inné » pour la langue maternelle, les concernés ne
« sentent » plus la grammaire ou la phraséologie de leur première langue et
commencent à faire des fautes. Résultat : leurs connaissances de la
nouvelle langue sont excellentes, mais jamais parfaites, et celles de
l’ancienne langue perdent de leur perfection.
Une forme de bilinguisme ? Certes. Mais loin d’être idéale.
Dans
quelle situation pourrait-on donc parler d’un bilinguisme « parfait » ?
- En général, il n’y a qu’un seul scénario possible : le bébé qui parle
plusieurs langues dès sa première enfance. Au moment où le bébé commence à « babeler »
ses premiers mots, son langage est encore basique, mais d’une façon plus
naturelle que dans le cas d’un adulte faisant ses premiers pas dans une
nouvelle langue. Le langage « croit » avec l’enfant, plus son corps
grandit, plus grandissent ces capacités de s’exprimer.
Ces
capacités théoriques sont quasiment infinies, sous condition que le bébé reçoit
les impulses nécessaires pour les développer. Les capacités réelles d’apprentissage
d’un enfant ne dépendent donc pas d’un héritage génétique, mais de l’influence
de son environnement immédiat. S’il a la chance d’être dès ses premiers jours
confrontés à plusieurs langues, ses capacités d’apprentissage embrassent
automatiquement - par un mécanisme d’apprentissage de langue inné - toutes ces
langues en même temps.
Ainsi,
seule la personne étant soumise à l’apprentissage de plusieurs langues
parallèles dès sa première enfance peut satisfaire la définition du bilinguisme
qui exige l’équilibre entre les niveaux de plusieurs langues différentes. Tandis
qu’au stade de bébé, les deux idiomes sont parlés avec un vocabulaire naturellement
restreint, les connaissances linguistiques se diversifient à mesure que l’enfant
grandit, mais - si rien ne perturbe le bilinguisme - toujours parallèlement
pour toutes les langues sous l’influence desquelles il vit.
Copyright Doris Kneller
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